RNS : Le Républicain Lorrain – Publiée le 09/05/2013

Publié par Nathalie
Le Républicain Lorrain – Publiée le 09/05/2013

ANIMATION À METZUn peu de Madagascar sur le plan d’eau

Un village plein de vie a poussé à quelques pas du complexe Saint-Symphorien. Il est le témoin le plus visible de la rencontre nationale sportive de la diaspora malgache

La communauté malgache se rassemble pour la première fois à Metz pour trois jours de compétitions, mais aussi d’un temps largement consacré aux retrouvailles et à la fête. Photo Maury GOLINI

Metz et son port de plaisance ouvert sur l’océan indien, mythe ou réalité ? Réalité, mais temporaire. Juste pour la durée de la rencontre nationale sportive (RNS) au complexe Saint-Symphorien, du 8 au 10 mai. Le plus grand rassemblement annuel que la diaspora malgache en France ne rate jamais depuis 38 ans.
72 heures d’un grand rendez-vous que Metz accueille pour la première fois depuis sa création durant les vacances de février 1975, sur le campus universitaire de Toulouse. « Au départ, ils étaient une centaine d’étudiants éparpillés dans toute la France. Aujourd’hui on attend 5 000 personnes sur les trois jours », précise Nathalie Randrianarison. La secrétaire générale du bureau exécutif du comité national d’organisation mesure de cette façon l’ampleur prise par une manifestation aussi sportive que culturelle et triplée d’un caractère fédérateur. La RNS colle à la tradition en programmant des matches de football, de basket, volley, tennis et tennis de table, ou encore des épreuves de pétanques, d’arts martiaux et de natation. Mais c’est aussi par le sport que, plus de trente ans plus tôt, les Malgaches expatriés ont évité de se déchirer quand leur île tanguait sous l’effet de l’une de ses multiples crises politiques, et frôlait l’explosion ethnique, explique Hanitra Rabefitseheno, membre elle aussi du bureau exécutif. Aujourd’hui encore la RNS poursuit le tissage d’une cohésion à l’intérieur de la diaspora. Si les étudiants d’aujourd’hui remplacent presque deux générations de leurs prédécesseurs, ils ne sont pas les seuls à s’affronter dans des tournois. Selon les disciplines, ils sont ouverts à la participation de poussins comme de seniors. Le muscle n’est pas l’unique ciment de ses retrouvailles auxquelles les Malgaches sacrifient en venant de tout le pays, mais aussi directement de Madagascar. L‘événement est largement sous-tendu par un volet culturel. Sa surface la plus visible est celle du « village de Madagascar », tout aussi éphémère que la RNS. Implanté en bordure du plan d’eau et divisé en trois quartiers, il est le lieu de découvertes gastronomiques à travers la dégustation de plats typiques, géographique avec un focus sur la région sud de l’île, connue pour être la plus pauvre et la plus aride de l’île. Une île qui n’est pas venue sans quelques-uns de ses artistes, artisans et musiciens. Les organisateurs avancent par exemple la venue de Di Lain, un interprète malgache vainqueur de l’équivalent africain de The Voice.
La soirée d’aujourd’hui s’annonce très longue avec la possibilité de s’épuiser à danser de 22 h jusqu’à 4 h 30 au complexe et d’assister à l’élection de Miss et Mister RNS 2013.
C’est par le sport que la diaspora malgache étudiant en France a évité de se déchirer voilà plus de trente ans.

Frédéric CLAUSSE
http://www.republicain-lorrain.fr/moselle/2013/05/09/un-peu-de-madagascar-sur-le-plan-d-eau

Mots clés

Commentaires