RNS : Le Sud, ce n’est pas toujours le paradis

Publié par Nathalie
Publiée le 10/05/2013

ANIMATIONS AU COMPLEXE SPORTIF SAINT-SYMPHORIENLe Sud, ce n’est pas toujours le paradis

Au-delà d’un grand tournoi, la Rencontre nationale sportive (RNS) malgache est une source de contacts pour dépasser les clichés touristiques sur l’île. Derrière la plage, tout n’est pas si rose.

Ses compatriotes sont tout à la joie des compétitions de la 38e RNS organisée au complexe Saint-Symphorien. Rencontrée, hier, sur le Village Madagascar construit au bord du plan d’eau, Dolicia Ratovonkery est au contraire très sérieuse quand il s’agit d’évoquer le Grand-Sud, sa région natale sur laquelle l’organisation a choisi de faire un zoom cette année.
Arrivée en France en 2009 pour entamer une formation d’infirmière, la jeune femme ne laisse que peu de place à l’insouciance de ses 23 ans. Elle affiche plutôt, selon le point de vue, un pessimisme raisonnable ou un optimisme mesuré, sur le devenir de Madagascar où elle retournera soigner les siens. « Je ne me fais pas d’illusion. Je suis consciente que ce sera difficile. Je vais demander de l’aide au gouvernement, mais je sais déjà que je ne serai pas bien reçue. » Les investissements publics dans le Sud ne sont visiblement pas une priorité de Tananarive. La région est toujours aussi isolée. « En taxi-brousse, il faut quatre à cinq jours pour atteindre Ambovompe », la ville où la jeune femme a grandi, à 1 700 km de la capitale. Pendant la saison des pluies, il faut multiplier le temps de trajet par deux, selon l’oncle de Dolicia. Tout n’est pas inondé avec la même générosité dans ce vaste coin de terre où la moyenne annuelle des précipitations oscille autour de 400 mm. Trop peu pour résister à la force du Tiokatimo, un vent dont le souffle permanent dessèche les sols. Le quotidien de la population, majoritairement paysanne, n’a rien de plaisant. C’est lui que la jeune infirmière veut soulager en travaillant dans des dispensaires et en en créant là où ils manquent. Les Chinois l’ont précédée et forment depuis sept à huit ans des praticiens de leur médecine traditionnelle. Les Chinois ? Oui, et ils ne sont pas les seuls à lorgner sur le pays. Si le Grand-Sud est désolé en surface, son sous-sol est bien plus riche. Il y a fort à parier que les piles d’une célèbre marque américaine vendue à Metz fonctionnent avec du graphite malgache. Il est même possible que des peintures égayant des appartements de la ville contiennent de l’ilménite (un minerai de titane) arraché au littoral de l’île près de Fort-Dauphin ou dans des mines à l’intérieur des terres par le Sud-Africain Rio Tinto. Peut-être des Mosellanes portent-elles des saphirs ? L’île est le premier producteur mondial de cette gemme dans sa variante rose. Son extraction est à l’origine d’une véritable fièvre tenace dans le sud malgache, au point que la capitale a dû réagir, en mars dernier, par des interventions policières pour calmer les atteintes à l’environnement et une dérive mafieuse du commerce de cette pierre.
La bonne volonté de Dolicia est déjà devancée par la médecine chinoise

Frédéric CLAUSSE.
http://www.republicain-lorrain.fr/moselle/2013/05/10/le-sud-ce-n-est-pas-toujours-le-paradis

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