En cette année électorale, pour renouveler et
élire les membres du Conseil d’Administration et
désigner par cooptation, les membres du Bureau Exécutif
du CEN, à l’issue de la RNS 2008, une analyse sur
la gestion et l’organisation de la RNS nous a semblé
indispensable.
Pour éclairer ceux qui doutent encore de l’engagement,
en tant que bénévoles, des membres du Bureau sortant.
En 10 ans d’existence, le CEN a fortement contribué
à apporter une valeur ajoutée perçue de
la RNS, tant aussi bien par l’image véhiculée,
à travers son site :www.rns-cen.com que pour sa notoriété
et sa référence comme étant une organisation
sportive de masse.
En effet, le nombre des participants à la RNS n’a
cessé de croître d’une année sur l’autre.
Environ 1500 sportifs et quelques 5000 visiteurs ont vibré
d’émotions partagées, lors des finales des
matchs- phares de la RNS, à savoir les tournois de basket-ball,
de volley-ball et de football.
A preuve, le nombre d’équipes venant de Madagascar
augmente chaque année. Rien que pour cette 33ème
édition de la RNS, pas moins de 6 équipes, dont
le tenant du titre de champion basket-ball RNS 2007, l’équipe
SOE, vont faire le déplacement en France. Ces équipes
ont fait de la RNS, un objectif de rencontre majeure dans leur
programmation de compétitions.
Mais pour arriver à ce résultat, le chemin parcouru
n’a pas été un long fleuve tranquille.
Durant ces 10 ans, chaque membre du CEN et du Comité
d’Organisation, selon son périmètre d’intervention,
ont apporté leur pierre pour consolider l’édifice
qui est une œuvre de longue haleine.
La force du CEN réside dans son mode de fonctionnement
ouvert « à toutes les personnes issues d’associations
sportives ou culturelles, dont le bénévolat est
la motivation principale et qui souhaitent partager et réaliser
un projet commun : la réussite de la RNS».
Cet apport se traduit par des compétences individuelles
issues du monde professionnel mais adaptées aux valeurs
associatives.
Emmanuel Bayle est professeur des universités
à l’UFR STAPS de Bourgogne à Dijon. Il nous
livre ici son regard d’expert sur les enjeux du bénévolat
dans notre société. (Extrait de l’article
paru dans : http://www.footcitoyen.org/v2/article.php3?id_article=850)
« Le bénévolat est une façon
d’entreprendre. Il s’agit de se mettre au service
de la société. « Etre bénévole,
c’est donner de son temps et parfois de son argent aussi.
» Beaucoup de gens trouvent un lien social, un sens à
leur existence à travers le bénévolat,
qu’il soit sportif ou non. Mais le bénévolat
ça veut tout dire et rien dire. Il y a les bénévoles
occasionnels, (les parents qui se dévouent pour accompagner
leurs enfants pour leur match de football le week-end, par exemple),
des réguliers, très impliqués et à
temps plein (les responsables ou dirigeants d’associations).
En termes de statut et d’accompagnement, on ne peut pas
porter le même regard sur une population aussi hétérogène.
C’est une richesse, mais aussi une complexité à
gérer. Il y a des réalités derrière
le terme bénévole qui sont très différentes.
Aujourd’hui, beaucoup d’associations se plaignent
du manque de bénévoles...
La diversité des loisirs et la société
de consommation joue sur le bénévolat car les
gens ont moins de temps pour les autres. Il existe aujourd’hui
un regard plus individualiste. Le plus dur est de trouver des
gens qui ne viennent pas par défaut, mais qui veulent
vraiment s’investir afin d’assumer de vraies responsabilités.
Aujourd’hui, on est sur du bénévolat «
kleenex » qui mérite d’être repensé.
Mais le vrai problème c’est que les associations
« ne savent pas » gérer les bénévoles,
ils n’ont pas les outils. Face à ce cri d’alarme,
c’est aux instances sportives (fédérations,
clubs, ligues) de prendre ce chantier en main afin de trouver
de nouvelles initiatives pour relancer le bénévolat,
de faciliter des plans de succession, pour relancer l’implication
sur des postes bénévoles majeurs. Si on ne veut
pas que les gens soient uniquement des consommateurs, il faut
les éduquer. Selon les différentes catégories
de bénévoles, il y a des modes de gestion qui
sont différents à mettre en œuvre ».
Aujourd’hui, le CEN a besoin de recruter des bénévoles
avec des compétences très spécialisées
et des profils parfois très ciblés : gestion et
conduite de projet, finance, droit, communication, gestion et
maintenance de site internet, organisation d’événementiels,
gestion administrative et commerciale, hygiène et sécurité...
De plus, il y a besoin de petites mains, mais aussi de dirigeants
qui ont montré leur qualité de leader, de décideur.
Il y a une stratégie à mettre en place. Ça
veut dire qu’il faut être capable d’aller
chercher des personnes qui ne viennent pas uniquement du monde
associatif sportif et culturel mais recruter des personnes qui
ont des valeurs associatives, des compétences dans leur
domaine et qui peuvent profiter au monde associatif et sportif.
Les bénévoles se plaignent souvent du manque de
reconnaissance de leur travail. C’est un fait. Les bénévoles
ne sont pas valorisés, car dans les associations, la
gestion des ressources humaines n’existent pas.
Notre analyse démontre également qu’une
association perdure et progresse, si ses dirigeants ont un ego,
où humilité rime tout particulièrement
avec respect de l’autre, charisme et discrétion.
Que de dissensions au sein d’une association, et ce, quelle
que soit sa nature, ont vu le jour à cause d’un
ego surdimensionné de ses dirigeants !
Mais cela n’explique pas tout.
La transparence, la rigueur sur les actions effectuées,
ont fait du CEN ce qu’il est aujourd’hui.
Les décisions qui y sont prises sont consensuelles et
collégiales. La gestion du budget est soumise à
une vérification stricte et impartiale. La démocratie,
tant au niveau de l’expression que de la décision
arrêtée, est sa marque de fonctionnement.
La personnalité du Président du CEN, Olivier RAZAFINDRANAIVO
a fait tout le reste. Il a occupé ce poste durant 10
ans, avec une reconnaissance unanime de ses compétences
techniques et sportives, de son charisme et son altruisme. Avis
aux futurs postulants !
Dans son mode organisationnel : l’objectif d’une
amélioration continue de la RNS est désormais
bien ancré dans l’esprit de chaque membre du CEN.
Cette démarche profite en premier lieu à tous
les sportifs de la RNS, qui ont l’assurance de participer
à des tournois, dont la conception, l’organisation
et la réalisation, sont bien huilées. En effet,
grâce aux compétences techniques de sportifs de
haut niveau : l’ingénierie du tournoi sportif (règlement
et déroulement du tournoi, planification et durée
des matchs, budget prévisionnel, ressources humaines
indispensables etc.) est la garantie d’un tournoi réussi.
Mais toutes ces mesures resteront vaines, si toutes les parties
prenantes ne se sentent pas impliquées : des spectateurs
plus tolérants et plus conciliants, des joueurs plus
respectueux de leurs adversaires et des décisions prises
par l’arbitrage, bref, faire montre de plus de fair-play.
Alors à qui profite réellement la RNS
?
Nous serons tentés de répondre –sans fausse
modestie- d’abord, à la communauté malgache
en France et les Malgaches des pays européens voisins
(Suisse, Belgique, Allemagne, Italie, Grande Bretagne, Espagne).
Car ce rendez-vous annuel, c’est la réalisation
d’un rêve de retrouver un « petit village
de Madagascar », installé pendant le week-end de
Pâques, dans une ville en France, avec tout ce que cela
implique comme bénéfices émotionnelles.
C’est aussi une grande fierté de montrer à
notre pays d’accueil que notre communauté est une
des rares sinon, la seule communauté étrangère
à pouvoir mobiliser autant de personnes, pour véhiculer
sa Culture à travers la RNS et les activités gratuites
qui y sont proposées.
La RNS, c’est aussi un espace de rencontres privilégiées,
afin de soutenir des actions culturelles, pour faire mieux connaître
les artistes malgaches ; d’initier des partenariats de
coopération décentralisée, pour favoriser
la compréhension des différences et l’ouverture
vers l’autre.
Ensuite, nous n’allons pas manquer de dénoncer
ici, les «vrais profiteurs » de la RNS, au sens
propre. Ou plutôt, ne devrions nous pas les appeler «
les prédateurs ?». Ceux qui utilisent la notoriété
et le public de la RNS, pour organiser des soirées dansantes
parallèles et concurrentes, sans aucune concertation
avec les organisateurs de la RNS.
(Nous n’avons ni les mêmes charges ni les mêmes
valeurs).
Et ceux qui toute honte bue, car non autorisés, vendent
au bord de la route et en toute illégalité, des
produits alcoolisés stockés dans le coffre de
leurs voitures, pour un profit immédiat.
Enfin, c’est une vraie manne économique et financière
pour la ville d’accueil de la RNS : les hôtels,
les commerçants, la restauration réalisent un
chiffre d’affaires non négligeable.
« La RNS, notre patrimoine » trouvera sa pérennité
dans le comportement citoyen de chacun d’entre-nous.
Si nous souhaitons tous profiter des activités de la
RNS à bon escient, cela commence par une éducation
des participants et par l’acquisition de « la bonne
attitude à la RNS» (respect des autres, de l’environnement
et des consignes).
Mais aussi et surtout, par une implication plus importante des
associations participant à la RNS dans son organisation.
Qu’elles ne soient pas uniquement des « consommateurs
» de la RNS, mais qu’elles se sentent aussi concernées
par son déroulement durant les 3 jours de la RNS. C’est
bien à ce moment-là que toutes les actions effectuées
par les membres du CEN et du Comité d’Organisation
de la RNS, sont « jugées » par les participants.
Les membres du CEN se sont engagés à répondre
aux exigences des participants de la RNS, mais la limite du
bénévolat a aussi un prix : c’est le respect
et la reconnaissance du travail accompli.
Mbola ANDRIANARIJAONA
Secrétaire Générale du CEN
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